Jeudi 26 juin 2008
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16:10
Publié dans : Les Impubliables de HD-Ready
Pendant vos examens du premier semestre, Mister D. et moi avons, en toute discrétion, préparé le clip de Noël que nous avons diffusé ici.
Naturellement, il y a eu des morceaux cachés, que vous avez pu voir ici.
Mais au-delà de ce que nous ne vous avions pas montré, il y aussi ce que nous avions tu.
Ce jour-là, après avoir surveillé l'épreuve des Z'enfants et des Z'enfants de L2 dans l'amphi D'ESTOURNELLES, nous nous sommes retrouvés seul dans l'immense salle. Une fois les feuilles rangées,
une fois les copies recomptées, il ne nous restait qu'à partir benoîtement vers nos sympathiques destins, notamment la surveillance conjointe des Z'enfants et des Z'enfants de L1 l'après-midi
même dans l'amphi GARNIER.
Or, il ne vous aura pas échappé que, dans l'amphi d'ESTOURNELLES, il y a un groooos bouton rouge, énorme, avec écrit dessus "arrêt d'urgence". Un tel avertissement ne manque pas
d'interpeller le commun : arrêter quoi ? arrêter qui ? Un bouton d'arrêt d'urgence dans un bus ou un train, ça se conçoit, mais dans un amphithéâtre voué à l'apprentissage du droit, que
voulez-vous pouvoir arrêter, en urgence de surcroît ?
Toujours est-il que l'aspect urgent du message, combiné à l'imposante rougeur du bouton ont toujours dissuadé quiconque d'appuyer dessus.
Mais Mister D., ça l'interpellait vraiment...
Mister D. : "Tu vois, je ne comprends pas : qu'est-ce que tu veux arrêter en urgence ici ?"
Mister H. : "Oui, c'est vrai, une fuite de cerveaux pendant un cours de droit public peut-être..."
Mister D. : "Je veux en avoir le coeur net, j'appuie !"
Usant de toute mon autorité morale sur Mister D., j'essayais de le convaincre de n'en rien faire, que le côté "urgence" de l'arrêt devait nous dissuader de toute velléité de pression sur
le bouton. Délicatement, l'index de sa main droite était venu effleuré le bouton comme il aurait caressé la joue d'un nouveau-né. Je tremblotais, n'étant pas téméraire pour deux ronds, mais mon
comparse, ne reculant devant aucune gageure, agaçait mon stress en passant et repassant son doigt sur les contours de l'imposant interrupteur. Puis tournant son visage serein vers moi, il me dit
"Ouais, t'as raison, y'a sûrement un truc..." et il retira son doigt.
Mon soulagement fut aussi intense qu'il fut bref. Car aussitôt qu'il enleva son doigt, il écrasa le bouton rouge de toute la force de sa main droite. L'effet fut immédiat : l'amphithéâtre fut
plongé dans une obscurité totale, tous les circuits électriques ordinaires étaient coupés. Un grand sourire illumina le visage de Mister D. en même temps qu'une détente relative m'envahissait :
"Eh bien, tu vois, il ne se passe rien finalement...".
A peine avait-il fini sa déclaration d'un lyrisme mortel, qu'une épouvantable alarme au son suraigu horriblement strident retentit. Le sourire que Mister D. affichant une demi-seconde auparavant
disparut au moment même où la sirène commença à hurler. De joyeux qu'il était, il passa rapidement à la décomposition.
D'une voix sombre, il lança la sentence absolue qui nous délivrerait de l'enfer : "On s'casse, on s'caaasse".
Peu fiers, nous sortîmes et il inventa un horrible mensonge pour expliquer le déclenchement de l'alarme anti-intrusion de l'amphithéâtre...
Si seulement j'avais pu filmer la décomposition de son visage !
Demain sur HD-Ready : le premier cyber-piège de la toile, une première mondiale HD-mentielle !
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